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Mary Wigman et la danse d'expression

Dernière mise à jour : 14 févr.

Mary Wigman, s'inscrit dans cette tendance artistique et littéraire du 20ème siècle traversant différents arts nommée « expressionnisme ». Ce dernier trouve son inspiration dans les œuvres de Nietzsche, des romantiques allemands, de Van Gogh, Gauguin, Munch.


Ainsi, l'élève et assistante de Laban (présenté dans un précédent post), fait parti d'un courant nommé « la danse d'expression ». Il s'agit d'une danse ouverte à l'inconnu : l'improvisation y est centrale et permet un nouveau rapport au monde et au mouvement.


Mary Wigman se met à l'écoute de son propre corps, dans ce qu'il a d'intimement particulier. Elle crée à partir de ses sensations, pensées, sentiments. Elle décrit sa propre expérience créatrice comme la mise en mouvement et en espace des puissances invisibles qui l'animent. Le danseur-chorégraphe doit selon elle, clarifier et transformer ses sensations intérieures ainsi que les expériences de sa vie personnelles, pour en donner une expression visible par le moyen de la danse.


Elle crée des danse en solo, danse en groupe et danse chorale.


Dans la danse de Mary Wigman, nous percevons plusieurs axes de recherche et de composition :


- L'utilisation de masques : Ils sont destinés à effacer l'identité pour faire émerger des personnages fictifs.


« Le masque élimine l'être humain en tant que personne et ouvre l'espace nécessaire à la créature dansante qui suit sa pulsion vers la création. […] si le masque correspond à la forme qui le sous-tend au cours de la danse, le masque du danseur et le visage de celui qui le porte ne font plus qu'un. Le visage vivant et humain de la danse entre dans le masque, au sens le plus concret du terme. Si, au milieu de sa représentation, on ôtait d'un seul coup le masque sur le visage du danseur, le visage ainsi dévoilé et tourné vers le spectateur aurait les traits du masque. » M. Wigman, citée par Hedwig Müller

- L'expressivité dans les mains : Pour Mary Wigman, les mains peuvent devenir source ou moteur de la danse. Les mains parlent, expriment différentes émotions que le corps accompagne ensuite à travers différentes qualités gestuelles. La danse de M. Wigman est une danse des mains, du toucher de l'espace et du plaisir de communiquer par elles (et par le mouvement du corps entier). Dans certaines danses, c'est comme si elle malaxait la matière spatiale, l'aprivoisait doucement, cherchait en elle le chemin d'une danse. Le visage et les mains entretiennent un dialogue et sont le support de l'expressivité


- La relation danse-musique : La musique n'est pas obligatoire chez M. Wigman qui cherche une danse absolue pouvant exister sans musique. Elle travail souvent en silence, à l'écoute de ses rythmes intérieurs.


- Un travail d'interprétation des émotions : grotesque, démoniaque, tragique...


- Une expérimentation sur les métamorphoses du corps


- L'usage de la respiration : Celle-ci est souvent constante, graduelle et continue. Elle habite et accompagne les mouvements.

La danse de la sorcière ( Première version : 1914 ) est un solo qui rompt avec la tradition classique : corps courbé bras tendu, comme si elle était sous l'emprise d'une puissance invisible. Ses mouvements sont brusques et comme convulsifs. La danse est comme projetée de l'intérieur, et n'est en rien une suite de mouvement joliment composés. Pour cette chorégraphie, M. Wigman est assise et sa danse se développe dans cet espace, avec les mains qui agrippent et jaillissent comme venues de profondeurs de la terre. Une force semble peser sur ses épaules lorsqu'elle danse, la contraint à se courber, l'écrase au sol ; elle noue un contact étroit avec le sol.

« Lorsqu'un soir je rentrai dans ma chambre, complétement hagarde, par hasard je me regardai dans la glace ». Elle reflétait l'image d'une possédée, sauvage et lubrique, repoussante, fascinante. Echevelée, les yeux enfoncés dans le sorbites, la chemise de nuit de travers, le corps sans forme : la voilà : la sorcière – cette créature de la terre, aux instincts dénudées, débridés, avec son insatiable appétit de vie, femme et bête en même temps » Mary Wigman, « la danse de la sorcière », dans le langage de la danse, trad. Jacqueline Robinson, Paris, Chiron, 1990, p.42

Bibliographie :

Le langage de la danse de M. Wigman – Trad. Jacqueline Robinson, Paris - Chez Chiron

Mary Wigman de R. Von Laban - Collection pas à pas - Chez Ressouvenances

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